Entraînement
Les tendances fitness : lesquelles tiennent, lesquelles passent
Une nouveauté par an, vendue comme une révolution. Certaines méritent le détour, la plupart réinventent ce qui existait déjà.
6 min de lecture
- Entraînement
- Tendances
- Fitness
Le secteur vit de la nouveauté. C'est légitime, et ça n'aide pas à s'y retrouver. Voici comment je classe ce qui circule en ce moment.
Ce qui tient
Les formats de compétition grand public. Hyrox et ses équivalents ont donné un objectif daté à des gens qui s'entraînaient sans direction. Avoir une échéance change tout à la régularité. Le contenu de l'entraînement, lui, n'a rien de nouveau : c'est du travail hybride, force plus endurance. Voir préparer un Hyrox.
L'entraînement à basse intensité, dit « zone 2 ». Redécouverte marketing d'un principe connu depuis quarante ans en endurance : la majorité du volume doit être facile. C'est vrai, c'est utile, et ce n'est pas une invention de 2024.
Le travail de force chez les femmes et après cinquante ans. Pas une mode, un rattrapage. Ce sont exactement les populations chez qui la charge produit le plus de bénéfices, et à qui on a vendu du cardio doux pendant trente ans.
Ce qui a une utilité étroite
L'électrostimulation. Elle a un usage réel en rééducation, encadrée. Vendue comme un substitut à l'entraînement — vingt minutes qui en vaudraient quatre heures — c'est une promesse que rien ne soutient.
Les montres et anneaux connectés. Excellents pour repérer une tendance de sommeil ou de charge sur plusieurs semaines. Mauvais quand le score du matin décide de l'humeur de la journée. L'outil doit informer, pas commander.
Le jeûne intermittent. Il fonctionne pour ceux à qui il simplifie la vie, parce qu'il réduit spontanément les apports. Il n'a pas d'avantage propre à déficit calorique équivalent. Voir le déficit calorique expliqué.
Ce qui ne tient pas
Les protocoles « brûle-graisse » ciblés. On ne choisit pas où le corps puise. Mille abdominaux ne font pas fondre le ventre — c'est le sujet de perdre du ventre.
Les compléments présentés comme déterminants. Aucun ne compense un sommeil à cinq heures et une alimentation au hasard. Voir les compléments réellement utiles.
Les programmes de quatre semaines qui promettent une transformation. Quatre semaines suffisent à changer des habitudes, pas un physique. Ce qui change un physique se compte en mois. Voir combien de temps avant de voir des résultats.
Le filtre que j'applique
Trois questions, dans l'ordre :
- 01Est-ce que ça remplace quelque chose, ou est-ce que ça s'ajoute ? Ce qui prétend remplacer l'entraînement ou le sommeil est presque toujours un argument de vente.
- 02Est-ce que ça marche encore dans six mois ? Beaucoup de méthodes fonctionnent trois semaines par pure nouveauté.
- 03Est-ce que ça tient si j'ai une semaine chargée ? Un protocole qui exige des conditions parfaites ne survivra pas à un déplacement professionnel.
Ce qui passe ces trois filtres se compte sur les doigts d'une main. Le reste est du bruit, parfois agréable, rarement décisif.
